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Scouts de France
1° Desaix - 6° Fort-de-France

Rubrique nostalgie : de 1972 à 1975, j'ai fait partie des Pionniers de la 1° Desaix à Fort-de-France. Je n'en garde que des souvenirs heureux...

 


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:::: Espéraza, cité chapelière

Pour les passionnés d'Espéraza, voici quelques pages de son histoire du IX°siècle à l'âge d'or de l'industrie chapelière au début du XX° siècle.


 
Vue d'Espéraza, au fond à gauche le Cardou, au milieu Rennes-le-Chateau, au fond à droite le pic de Bugarach. © photo B.L

Espéraza aurait pour origine un petit village du nom d'ASPARAZANUS, qui dès le IX° siècle se situait dans la Haute Vallée de l'Aude au bord de la rivière, près d'un prieuré dépendant de l'abbaye d'Alet, "Ecclesia Santae Mariae de Asparazanus". L'emplacement de l'ancien Asparazanus se trouverait, selon les recherches archéologiques, au lieu dit "Garnaud" près du chemin vicinal de La Serpent. Le premier document historique mentionnant Asparazanus est daté de 1015. Les comtes de Rhedez et l'abbaye d'Alet se disputaient alors la possession du village, chacun afin de pouvoir tirer profit d'un bourg qui prenait de l'importance



En 1145, Sparazan est érigé en seigneurie. En 1209, c'est la terrible croisade des barons du Nord qui ravage le Languedoc afin de mettre un terme à l'hérésie Cathare. Guillaume Arnaud, Seigneur de Sparazan, se range du côté du comte Raymond Roger de Toulouse, défenseur de la foi Cathare. Sparazan subit alors le même sort que les autres places fortes du Razès : Coustaussa, Blanchefort, Caderonne. Le feu est mis au village, les murailles sont abattues, la population est massacrée et chassée. Sparazan est rayé de la carte. Du premier "Espéraza", il ne restera qu'un toponyme Garnaud, témoignage de son dernier seigneur Guillaume Arnaud.

Le pont neuf sur l'Aude. © photo B.L



L'église Saint-Michel. © photo B.L

Dans la seconde moitié du XIII° siècle, Sparazan renaît. Le bourg devient terre du roi et son territoire s'étend sur la rive droite de l'Aude. Les nouveaux maîtres du bourg apportent leur langage, leurs moeurs et leurs industries. C'est à cette époque qu'apparaît à Espéraza, la fabrique de la Dentelle, l'industrie de la radellerie (flottage des bois de construction sur l'Aude), ainsi que la tannerie et la mégisserie. Ces activités resteront importantes jusqu'au début du XX° siècle. L'église de Sperazan est construite au XIII° siècle au bord de l'Aude. Elle a pour patron, Saint Michel. En 1575, elle est entiérement détruite lors des combats qui opposent la population aux protestants qui se sont retranchés dans le village. Elle est reconstruite dans la première moitié du XVII° siècle. Les travaux se termineront en 1664.



Mais c'est avec l'industrie du chapeau qu'Espéraza va écrire ses plus belles pages de gloire. La manufacture chapelière s'installe à partir de la fin du XVIII° siècle. Des habitants de Bugarach, petit village situé au pied du pic du même nom dans le massif des Corbières, faits prisonniers par les Autrichiens et les Prussiens alors qu'ils combattaient dans les rangs de l'armée de 1792, rapportent de leur captivité en Silésie, les techniques liées au travail du feutre. De Bugarach, où elle est née, la chapellerie s'installera progressivement à Espéraza. Cette industrie fera la richesse de la ville jusqu'à son déclin au lendemain du deuxième conflit mondial. 1928 sera l'année de l'Age d'Or, grâce à une production de 21 millions de chapeaux, produit dans 12 fabriques occupant 3500 ouvriers. Espéraza sera alors le deuxième centre mondial de production de chapeau de feutre.

 
Si les origines d'Espéraza remontent au moyen-âge, il n'en demeure pas moins que la présence de l'homme est attestée depuis la plus haute antiquité, ainsi qu'à l'époque romaine (pont romain sur le Faby entre le quartier du Cazal et de la Grave), à l'époque du royaume des Wisigoths (tour de Fa). Des monuments peu connus mais non moins remarquables existent depuis la préhistoire. Ce sont les capitelles. Ces constructions en pierres calcaires plates servaient d'abris pour les troupeaux et leurs bergers et plus tard de cabanes à outils. Les plus remarquables peuvent être vus de part et d'autre du chemin du Poulx dans les collines au nord du village.
Les capitelles du Poulx.

Espéraza, vue de la montée vers le Poulx.
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